Accompagner un élève en situation de handicap demande de la rigueur, de la clarté et le respect de repères professionnels. Je vous explique ici, de manière dynamique, ce que l’AESH ne doit pas faire, pourquoi ces limites existent et quelles conséquences peuvent courir en cas de non-respect. 💪
À retenir :
Comme à l’entraînement, un cadre net évite les faux mouvements : en respectant les limites du rôle d’AESH, vous protégez l’élève et votre responsabilité tout en gardant l’énergie pour l’accompagnement qui compte 💪.
- Ne remplacez pas l’enseignant ⛔ : pas de cours, pas de correction/évaluation — la pédagogie reste de son ressort.
- N’encadrez jamais seul un groupe 👥 : présence d’un adulte habilité obligatoire ; récré/cantine uniquement en accompagnement individualisé.
- Intervenez uniquement auprès des élèves CDAPH/PPS 🎯 : traçabilité et objectifs clairs, signalez toute demande hors périmètre.
- Refusez les tâches hors périmètre (saisie, classement, nettoyage) 🕒 : préservez votre temps d’accompagnement.
- Pas d’actes médicaux 🩺 sans autorisation dans le PPS et formation adaptée : évitez le risque juridique.
Cadre légal et missions de l’AESH
Avant d’entrer dans le détail des interdits, il est utile de rappeler le cadre qui définit la fonction.
Définition de l’AESH (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap)
L’AESH est un professionnel chargé d’accompagner un ou plusieurs élèves en situation de handicap pour faciliter leur scolarité et leur accès aux apprentissages. Son rôle porte sur l’aide au positionnement, la communication, l’accès aux supports et les adaptations matérielles ou comportementales.
Cette mission d’accompagnement se déroule dans le respect des orientations définies par la notification de la CDAPH et du Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS). L’AESH intervient donc selon des objectifs précis, et non de façon improvisée.
Importance du cadre réglementaire dans la définition de ses missions
Le statut et les tâches de l’AESH sont encadrés par des textes et des pratiques institutionnelles qui visent à protéger l’élève comme le salarié. Ce cadre permet de distinguer les interventions pédagogiques, médicales et d’accompagnement.
Respecter ces règles sécurise l’exercice professionnel : cela clarifie les responsabilités, évite les confusions de rôle et protège contre des risques juridiques et disciplinaires. Ce cadre est un repère essentiel pour toute décision en milieu scolaire. Des ressources complémentaires sont disponibles sur notre blog.
Interdictions majeures pour une AESH
Voici une présentation détaillée des interdits courants, accompagnée d’exemples concrets pour mieux les saisir.
Remplacer un enseignant
L’AESH ne doit jamais assurer la suppléance d’un enseignant, même pour une courte durée. Cela inclut la délivrance d’un cours, la conduite d’une séance pédagogique ou la prise en charge collective d’une classe. La pédagogie structurée et l’évaluation relèvent du corps enseignant.
Accepter de remplacer un enseignant expose l’AESH à un dépassement de fonctions et à des conséquences disciplinaires. De plus, l’enseignant titulaire reste responsable du suivi pédagogique global et de l’évaluation des acquis.
Encadrer seule un groupe d’élèves
Il est interdit à l’AESH d’assurer la supervision exclusive d’un groupe d’élèves en l’absence d’un personnel habilité. La surveillance collective, comme la gestion d’une classe entière ou d’un groupe sans enseignant, ne fait pas partie de ses tâches.
Confier cette responsabilité à l’AESH crée un risque de sécurité et engage la responsabilité de l’établissement et du salarié. La présence d’un adulte habilité est nécessaire pour garantir l’ordre, la discipline et la sécurité des enfants.
Intervenir auprès d’élèves non désignés
L’accompagnement doit se limiter aux élèves mentionnés dans la notification de la CDAPH. Intervenir auprès d’autres élèves sans mandat peut remettre en cause la conformité de la prise en charge et la traçabilité des interventions.
Respecter la liste officielle permet d’assurer une intervention ciblée et conforme au PPS. Toute extension non autorisée du périmètre d’intervention représente un manquement professionnel susceptible d’entraîner des mesures administratives.
Effectuer des tâches administratives ou de service général
L’AESH n’est pas affecté aux tâches administratives telles que la saisie de documents, la gestion des dossiers de l’établissement ou le nettoyage des locaux. Ces activités ne relèvent pas de l’accompagnement éducatif et détournent du temps dédié à l’élève accompagné.
La réalisation répétée de ces tâches perturbe l’organisation du travail et peut conduire à une mauvaise répartition des missions au sein de l’établissement. Il est important de distinguer l’aide liée à l’élève de l’assistance logistique.

Corriger des copies, préparer des cours ou évaluer les élèves
Les activités d’évaluation, de préparation pédagogique et de correction sont du ressort de l’enseignant. L’AESH peut soutenir l’élève pendant une activité, faciliter la compréhension ou adapter le support, mais ne doit pas se charger de juger les apprentissages.
Participer à l’évaluation ou à la notation engage la validité des résultats scolaires et brouille les frontières de responsabilité. Ces tâches compromettent l’impartialité des appréciations portées sur les acquis.
Surveiller la récréation ou la cantine
L’AESH n’a pas vocation à assurer la surveillance générale de la cour de récréation ou de la cantine sauf si un élève désigné est présent et s’il s’agit d’un accompagnement individualisé prévu. La surveillance collective exige des compétences et une organisation distinctes.
Confondre l’accompagnement individuel et la surveillance collective crée des risques d’encadrement insuffisant et de responsabilité partagée. Une allocation claire des tâches évite des situations de doute en cas d’incident.
Assurer des soins médicaux ou paramédicaux
L’AESH ne peut pas pratiquer d’actes médicaux ou paramédicaux sauf si le PPS l’autorise explicitement et si elle a reçu la formation requise. Les soins relevant du domaine médical doivent être confiés à du personnel formé ou à des professionnels de santé.
En cas d’intervention médicale non autorisée, l’AESH et l’établissement s’exposent à des risques juridiques importants. Toute prise en charge impliquant des gestes techniques doit être encadrée et validée par le PPS.
Pour synthétiser les interdictions et leurs implications, voici un tableau récapitulatif clair. Il permet une lecture rapide des interdits et des risques associés.
| Interdiction | Exemples concrets | Conséquences / Risques |
|---|---|---|
| Remplacer un enseignant | Donner cours, conduire une séance collective | Sanction disciplinaire, dépassement de fonctions (Sources : 2, 3, 9) |
| Encadrer seule un groupe | Surveillance de classe, cour sans personnel habilité | Responsabilité civile et sécurité compromise (Sources : 1, 6, 7) |
| Intervenir auprès d’élèves non désignés | Accompagner un élève non inscrit dans la notification | Non-conformité au PPS, sanction administrative (Sources : 1, 4, 10) |
| Tâches administratives ou services généraux | Saisie, classement, nettoyage | Perte de temps d’accompagnement, dérives de mission (Sources : 5, 6, 9) |
| Corriger / Évaluer | Correction de copies, notation | Biais pédagogique, responsabilité de l’enseignant (Sources : 4, 12) |
| Surveiller récréation / cantine | Encadrement général d’enfants non accompagnés | Risques de sécurité collective (Sources : 1, 4, 8) |
| Soins médicaux | Actes paramédicaux non prévus dans le PPS | Risques juridiques, responsabilités professionnelles (Sources : 1, 8) |
Importance de respecter ces interdictions
Respecter ces limites n’est pas une simple formalité : c’est la condition pour exercer dans de bonnes conditions et protéger toutes les parties. ⚠️
Protection juridique et risques professionnels
Ne pas respecter le périmètre de ses missions expose l’AESH à des sanctions disciplinaires, à des poursuites civiles en cas d’incident, et à une mise en cause de sa responsabilité professionnelle.
Un glissement de mission peut aussi entamer la reconnaissance du métier et créer des situations de travail insoutenables. Maintenir des frontières claires facilite la collaboration entre personnels et la sécurité juridique. Pour apprendre des techniques de gestion du stress utiles au quotidien, consultez nos conseils.
Qualité de l’accompagnement et efficacité
En restant concentré sur l’accompagnement individuel défini par la CDAPH et le PPS, l’AESH garantit une prise en charge cohérente et efficace pour l’élève. La spécialisation des rôles permet une meilleure adaptation des dispositifs éducatifs.
Maintenir une routine bien-être peut aider les professionnels à rester performants au quotidien.
Lorsque chaque acteur respecte son rôle, l’organisation pédagogique gagne en fluidité et l’élève bénéficie d’un suivi régulier, adapté et mesurable.
Résumé des interdictions
Pour vous permettre une consultation rapide, voici la liste synthétique des interdits à respecter absolument.
- Ne pas remplacer un enseignant ni dispenser des cours.
- Ne pas encadrer seul un groupe d’élèves ou assurer une surveillance collective.
- Intervenir uniquement auprès des élèves désignés par la CDAPH.
- Refuser les tâches administratives, logistiques ou de nettoyage non liées à l’accompagnement.
- Ne pas corriger de copies ni évaluer les élèves.
- Ne pas assurer la surveillance générale de la récréation ou de la cantine pour des élèves non désignés.
- Ne pas pratiquer d’actes médicaux sauf autorisation explicite dans le PPS et formation préalable.
Si vous êtes AESH ou travaillez avec ces professionnels, gardez ces repères sous la main pour clarifier les missions, protéger vos droits et garantir un accompagnement performant pour l’élève. ✅




